Sœur Simone, marathonienne de l’espoir
Témoignage d’un ancien détenu américain

Aujourd’hui, retraitée, Sr Simone vit avec deux autres petites sœurs à Bruxelles. Mais, durant 40 ans, à New-York, elle a travaillé comme aumônier de prison et a, entre autres, accompagné Séverino Diaz. Ce dernier, d’origine cubaine, a été injustement condamné et emprisonné pendant 25 ans à New-York, dans les prisons de Rikers Island. Un film « Sous peine d’innocence » réalisé par Pierre Barnérias retrace son parcours.


Dans une courte interview réalisée à la suite de la projection du film, Séverino témoigne avec simplicité de son parcours, mais aussi du rôle de Sr Simone et du P. Raphaël, prêtre de la mission de France, également aumônier à Rikers Island.

« Des marathoniens de l’espoir »*

Deux questions posées à Séverino Diaz

Avez-vous été révolté contre l’injustice que vous avez subie ?
Séverino Diaz : Au début, oui, j’étais révolté quand j’ai appris que les jurés m’avaient donné quinze ans de réclusion, mais j’ai bien vite compris que cela ne servait à rien, sauf à me détruire moi-même… Après avoir purgé ma peine, comme je continuais de proclamer devant la justice mon innocence, ils m’ont gardé encore dix ans en prison ! Je pensais que pour moi, c’était fichu, que je ne sortirai jamais ! C’est probablement ce qui serait arrivé si le Seigneur n’avait mis sur ma route ces deux « marathoniens de l’espoir » qu’ont été pour moi le P. Raphaël et Sr Simone ! Chaque fois que la petite flamme de l’espérance en moi vacillait et était prête à s’éteindre, ils l’ont rallumée en me rendant visite, en me téléphonant, en m’apportant des livres, en m’amenant à la messe… C’est grâce à eux que j’ai gardé courage et espoir ! Et puis il a eu ce film… Cela a bien ébranlé  la toute puissance de la justice américaine !


P.Raphaël, Séverino DIAZ, Sr Simone

Avez-vous de la haine contre la justice américaine ?
S.D. : Non, je n’ai pas de haine contre la justice, c’est sa façon de fonctionner, c’est très complexe et cela me dépasse ! La justice américaine me considère comme coupable, même s’ils ont retrouvé, il y a déjà huit ans, le vrai meurtrier ... En Amérique, c’est très difficile de revenir sur une décision prise par la justice ! Pour ma part, j’essaie de vivre en paix et de regarder le positif de toute cette salle histoire ! Cela a fait grandir ma foi et ma confiance en Dieu, et je pense aussi, m’a fait devenir un homme « meilleur ». Ce long temps de détention m’a aussi permis de vivre quelques amitiés intenses et sincères et cela est une grande « richesse » ! J’en rends grâce à Dieu !

*Reportage réalisé par les Sœurs de l’Alliance à Lodève et publié dans Eglise en Hérault